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[International] Pourquoi restaurants et startup comptent renverser les UberEats et Deliveroo en Australie

Dans le BtoB, le coronavirus a mis en exergue l’insatisfaction des restaurateurs vis à vis des plateformes internationales. L’occasion de comprendre comment le contexte a accéléré l’émergence de nouveaux services et la réintégration de la livraison par les restaurateurs.

 

2015 : la restauration à l’heure de la plateformisation

En cinq mois, entre novembre 2015 et avril 2016, l’industrie de la restauration australienne a changé à jamais avec l’arrivée du britannique Deliveroo puis d’UberEats. Au cours des quatre années suivantes, ces deux entreprises multinationales allaient bouleverser le secteur australien des cafés, des restaurants et des services de restauration à emporter (estimés à 42 milliards de dollars de CA). Aujourd’hui, le marché de la livraison est considéré telle une mine d’or : 690 millions de dollars annuels.

 

Maîtriser les coûts tout en délivrant un meilleur service

Les restaurants australiens reprennent en main la livraison et ne se contentent plus de confier la relation client aux plateformes. Entre autres, le réseau de restaurant vietnamien Roll’d, plutôt populaire en Australie, a ainsi développé un service de livraison mixte : UberEats et Deliveroo demeurent des partenaires importants de la chaîne franchisée mais le service de Roll’d est désormais prioritaire. La fermeture des restaurants australiens a remis au centre des débats le système de commissionnement des plateformes. Mais pas seulement. Le contrôle du service, la qualité du plat une fois arrivée et l’acquisition de clients représentent des enjeux forts que veulent se réapproprier les professionnels de la food.

 

Contre-attaque des start-up dans un marché mature

Roll’d avait d’ores et déjà prévu de reprendre la main sur la livraison de repas notamment pour étendre l’activité de ses franchisés aux commandes passées en soirée. Cela dit, le coronavirus a considérablement avancé le calendrier pour l’enseigne australienne.

Des start-up émergent également dans ce contexte. Certaines reposent sur le même modèle que les plateformes internationales mais adoptent un positionnement commercial plus agressif et un service plus personnalisé. UpToasted, une jeune pousse basée à Brisbane se présente comme « l’anti UberEats » et permet aux restaurateurs de travailler avec des chauffeurs sous contrat à Brisbane pour remplir les commandes en facturant une commission de 18 % contre 30 % pour Uber. A Melbourne, la startup Mr Yum est rapidement devenue une alternative sérieuse aux UberEats et Deliveroo, en aidant les restaurants à superviser leur propre livraison pour une commission relativement faible de 4,5%. Le principe est de proposer le même concept de commande basé sur des applications, mais en laissant la livraison aux restaurants eux-mêmes.

 

Les majors s’alignent

Logiquement, Deliveroo et UberEats ne sont pas prêts à céder leur part de marché sans se battre. Même son de cloche avec Menulog, installé sur le marché depuis plusieurs années ou encore avec DoorDash, le dernier venu.  Selon les panels de consommateurs établis par Roy Morgan, UberEats est leader du marché et est utilisé par 11,5 % des consommateurs. Pour gagner de nouvelles parts de marché, les plateformes s’alignent doucement vers les mêmes prix que les start-up.

DoorDash a ainsi baissé de moitié les commissions des petits restaurants jusqu’au mois de mai, tandis qu’UberEats a annoncé une réduction des commissions de 35 à 30 % de façon permanente. Dans la même veine, Deliveroo a réduit les commissions à 5% sur les commandes où les restaurants effectuent leurs propres livraisons, mais n’a pas encore suivi UberEats dans la baisse des commissions sur les commandes qu’il remplit.